Maddy Lepage
Les livres et publications d’artistes oscillent entre différents états : ils circulent, se feuillettent, se partagent. Mais se retrouvent aussi sous des formes de latence : dans une bibliothèque, derrière une vitrine ou posés sur un socle, parfois scellé dans une mise en espace qui en modifie leurs usages. Mon intérêt pour le livre ne se limite pas à sa matérialité ; il s’étend aux formes d’interaction qu’il engage, aux gestes qu’il appelle et aux espaces qu’il occupe. J’ai souvent observé ces livres silencieux, empilés, classés, oubliés parfois, et je me suis interrogée sur les rapports que nous entretenons avec ces objets, sur leur parcours et sur celui que nous menons ensemble.
Les œuvres qui s’activent, dites « protocolaires », celles qui nécessitent un geste, un corps, une intention pour exister pleinement démontrent que ces objets ne sont pas toujours faits pour être simplement lus : certains se déploient, se performent, se transforment au contact de celleux qui les manipule. Elles déplacent la question de la lecture vers celle de l’expérience, impliquant une mise en action, un engagement. Lire ne serait alors plus un acte solitaire, mais une expérience à partager, un moment où nous ne serions plus seulement lecteur·ices, mais participant·es actifs à la matérialisation d’une œuvre.
03_Vue de l’installation du diplôme et de Presque livres (collection d’éditions) de dimensions variables
