Là où j’ai grandi, on est tous tout petits.
Comme si on était très loin. Il faut plisser les yeux pour nous voir, tordre un peu le cou. Quand on fait l’effort de se pencher, on voit plein de trucs. Plein de gens tout petits qui avancent lentement, au rythme de la banlieue.
Nos histoires, individuelles, toutes traversées par l’Histoire. Nos histoires en marge des récits officiels. Ce qu’on se raconte, c’est une autre facette de l’histoire collective. C’est un devoir de mémoire que l’on entame au travers de nos échanges.
Force est de constater que certains pans de notre société ne laissent pas de traces dans les représentations collectives. Face à une mémoire généralisée, certains territoires demeurent invisibles. Pourtant, cette mémoire existe.
Les histoires de la banlieue sont souvent des histoires d’exil. Ici, on vient d’un peu partout.
Ça fait partie intégrante de notre identité. Une identité difficile à construire lorsque, par souci d’intégration, d’assimilation, il faut enterrer une partie de soi.
À travers divers médiums, je tente de donner une autre place à ces histoires.
